Point de mire
Le petit point que j’ai dans l’oeil
Ce n’est pas un écueil
Un trou dedans une feuille
C’est quelque chose
Ce n’est pas une pupille
Ni une lumière qui brille
Qui me dit
Que ce n’est pas fini la vie
Quand je ferme la porte sur les souvenirs
Qui ne font que partir
Pour les retenir
Je les ai enfermés
Barrés
Enchaînés
Bernés
Leur faisant croire que ce n’était que momentané
Je revois la lumière qui passait dedans l’appartement
Les jours de mauvais temps
Et des tempêtes
Qui passaient par les fenêtres
Les nuages
Sont bien plus souvent dans ma tête
Et je sais bien qu’un bon matin
Alors que je ne saurai rien
Il se sera éteint
Le petit point que j’ai dans l’oeil
Le soir sur le fauteuil
Les paupières sur le seuil
Comme du ciment
Ce n’est pas une pupille
Ni une lumière qui brille
Qui me dit
Que ce n’est pas fini la vie
Maintenant que la porte nese ferme plus
Ça refoule dans la rue
Tout ce que j’ai vu
Et connu
Et l’inconnu
Se taille une place
Dedans ma face
À force d’audace
Il faut bien laisser des traces
Et je sais bien qu’un bon matin
Alors que je ne serai rien
Il se sera éteint


